🎧 Camp d’étĂ© – Qui aurait cru que le camping deviendrait ma passion ?

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Wave lit pour vous : Qui aurait cru que le camping deviendrait ma passion ?

La fin de l’annĂ©e scolaire approchait pour Mme Thomas et sa classe de 6ième. L’excitation Ă©tait palpable ! On parlait beaucoup des deux mois de libertĂ© qui nous attendaient ! Les vacances ! Les grasses matinĂ©es et les moments passĂ©s entre amis !

Mais derrière cet enthousiasme dĂ©bordant, l’enseignante percevait une certaine inquiĂ©tude. Ces garçons et ces filles Ă©taient dĂ©sormais assez grands pour ĂŞtre conscients de ce qui se passait dans le monde. Il semblait impossible d’Ă©chapper aux mauvaises nouvelles, qu’il s’agisse de catastrophes naturelles ou de conflits d’origine humaine. Ils ne comprenaient peut-ĂŞtre pas l’Ă©conomie, mais ils ressentaient certainement la tension liĂ©e Ă  l’insĂ©curitĂ© financière au sein de leur communautĂ© et, pour certains, au sein mĂŞme de leurs foyers.

Mme Thomas dĂ©cida de s’Ă©carter de son programme. Elle commença Ă  aborder ces sujets prĂ©occupants. Mais plutĂ´t que de se concentrer sur les problèmes, elle incita ses Ă©lèves Ă  rĂ©flĂ©chir aux solutions. « Que pouvons-nous tous faire, Ă  notre Ă©chelle, pour amĂ©liorer le monde dans lequel nous vivons ? Pour protĂ©ger notre pays, notre communautĂ© et nos familles ? » Elle les encouragea Ă  devenir des acteurs du bien. Elle leur a alors suggĂ©rĂ© d’Ă©crire sur leurs dĂ©couvertes et leurs expĂ©riences pour les partager avec la classe, comme premier devoir de la rentrĂ©e.

Nous voici en septembre. Les enfants ont relevĂ© le dĂ©fi. Voici leurs histoires :

Qui aurait cru que le camping deviendrait ma passion ?

Par Tikka, 12 ans

Oh non ! L’Ă©tĂ© n’a mĂŞme pas commencĂ© et je dois dĂ©jĂ  me soucier d’Ă©crire un exposĂ©. C’est une pression Ă©norme pour une enfant comme moi. Voyez-vous, chaque annĂ©e en septembre, les enfants de familles aisĂ©es reviennent avec des tenues neuves et des chaussures assorties. Ils apportent des cellulaires dernier cri et des sacs Ă  dos Ă  la mode. Ils se lèvent devant la classe et racontent leurs croisières, leurs voyages en avion et leurs sĂ©jours dans des hĂ´tels de luxe.

Pour moi, c’est diffĂ©rent. Mes parents n’ont pas beaucoup d’argent. Ils ont chacun deux emplois et travaillent sans cesse. Ils nous aiment beaucoup, mais ne peuvent pas se permettre de prendre des vacances. Comment pourrais-je Ă©crire un exposĂ© suffisamment intĂ©ressant ?

On entend souvent parler de très jeunes enfants qui changent dĂ©jĂ  le monde. Certains sont des militants pour une planète plus verte. D’autres sont des musiciens ou des danseurs incroyablement talentueux. Certains sont dĂ©jĂ  suivis par des milliers de personnes.

Moi… rien du tout.

Un soir, en attendant le retour de maman après son service de nuit, j’ai dĂ©cidĂ© d’avoir une petite conversation avec papa. Devrais-je chercher un travail pour l’aider Ă  boucler son budget ? (Il Ă©tait toujours inquiet pour son budget.) Si je dois changer le monde, tu ne penses pas que je ferais mieux de m’y mettre ?

Papa n’a pas ri, ni fait de blague idiote comme d’habitude. Au lieu de cela, il m’a serrĂ©e fort dans ses bras et m’a dit : « Ma chĂ©rie, je peux te trouver au moins dix exemples de valeur que tu ajoutes dĂ©jĂ  Ă  notre famille. Tu trouveras ta passion – ou elle te trouvera – et je te garantis que tu feras de grandes choses. » Je me suis endormie, ses paroles rĂ©sonnant encore dans mes rĂŞves.

Je te raconte ça parce que le lendemain mĂŞme, il a reçu un courriel du journal local. Ils collectent des fonds pendant l’annĂ©e pour envoyer des enfants en camping et devine quoi ? Ils nous ont choisies, ma petite sĹ“ur et moi, pour aller en vacances sur la baie Georgienne pendant une semaine entière ! On n’a pas mis longtemps Ă  Ă©tiqueter nos vĂŞtements et Ă  remplir deux grands sacs de voyage avec tout ce dont on pensait avoir besoin. Chaque jour, on s’asseyait sur ces sacs, Ă  faire des projets et Ă  attendre patiemment.

Le jour enfin arrivĂ©, on a sautĂ© du lit et on s’est prĂ©parĂ©es pour que maman nous emmène au point de dĂ©part. Il y avait plein de grands autobus scolaires jaunes et maman s’est assurĂ©e qu’on prenne le bon pour notre destination. Avant de partir, elle a glissĂ© une enveloppe dans ma poche. « Allez, c’est parti ! », a-t-elle dit. « Amusez-vous bien ! »

J’avais vu des films sur des enfants en camp d’étĂ©, comme « L’Attrappe Parents ». Comme dans les films, le premier jour Ă©tait le plus dur, mais aussi le plus excitant. Dès qu’on est descendues du bus, je me suis sentie chez moi, comme si j’y Ă©tais dĂ©jĂ  venue. Je ne savais pas vraiment pourquoi. Peut-ĂŞtre l’odeur des pins. Peut-ĂŞtre l’odeur du petit-dĂ©jeuner qui nous attendait dans le grand hall. C’Ă©tait gĂ©nial d’ĂŞtre dans un grand groupe de filles, sans connaĂ®tre personne, et de chercher Ă  se faire des amies. Ma petite sĹ“ur avait dĂ©jĂ  une meilleure amie rencontrĂ©e dans le bus, alors elle a complètement oubliĂ© d’ĂŞtre nerveuse.

Les animateurs se sont assurĂ©s que nous soyons toutes affectĂ©es Ă  nos chalets et nous ont aidĂ©es Ă  nous installer. Notre chalet Ă©tait juste au bord du lac, et on nous avait dit qu’on entendrait le cri des huards toute la nuit. « Cool », ai-je dit, mĂŞme si je ne savais pas ce qu’Ă©tait un huard. Mes trois camarades de chalet avaient le mĂŞme âge que moi et nous sommes vite devenues les Quatre IntrĂ©pides. Bras dessus bras dessous, nous sommes retournĂ©es au grand hall. Ces crĂŞpes et ces saucisses avec du sirop d’Ă©rable, c’Ă©tait le meilleur petit-dĂ©jeuner que j’aie jamais mangĂ© !

Il y a ensuite eu une grande rĂ©union de bienvenue. Nous avons Ă©tĂ© impressionnĂ©s par la gentillesse des animateurs et par la liste des activitĂ©s prĂ©vues pour la semaine. Ils ont dit que la règle numĂ©ro un Ă©tait de s’amuser, et nous avons adorĂ© cette règle ! Ils ont aussi parlĂ© de sĂ©curitĂ©, de bienveillance et de respect de la nature. « On en reparlera plus tard », ont-ils dit. « Pour commencer, nous allons jouer Ă  un jeu oĂą vous devrez suivre des indices pour trouver votre binĂ´me de camp. » J’ai passĂ© un excellent moment Ă  rencontrer les autres et Ă  faire la connaissance de Sasha.

La visite du site après le dĂ©jeuner a Ă©tĂ© une vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation. J’ai appris Ă©normĂ©ment de choses sur les arbres, les oiseaux et les fleurs. J’ai dĂ©couvert comment respecter l’habitat naturel des animaux et comment toujours laisser un endroit exactement comme on l’a trouvĂ©. Nous avons appris Ă  distinguer les plantes comestibles des plantes dangereuses. Je notais toutes ces nouvelles informations dans le carnet que papa avait glissĂ© dans mes affaires. J’ai tellement ri en tournant une page et en dĂ©couvrant la question de papa : « Que ferais-tu si tu voyais cette plante ? » Il avait dessinĂ© une image d’herbe Ă  puce que je venais de voir.

Deux jours plus tard, lors d’une randonnĂ©e en pleine nature, Sasha a failli cueillir une magnifique fleur violette. « ArrĂŞte ! », ai-je criĂ©, « Je crois que c’est une digitale. C’est toxique ! » Le guide m’a fait un grand signe d’approbation. J’Ă©tais fière.

Les jours ont filĂ© Ă  toute allure, rythmĂ©s par les activitĂ©s manuelles, la natation, le pickleball, la musique et les rires. Le dernier soir, ma monitrice est venue au chalet et m’a dit que j’Ă©tais « nĂ©e pour ça ». Elle m’a demandĂ© si j’Ă©tais prĂŞte pour un test : elle me laisserait responsable du chalet pour aller Ă  une rĂ©union. Bien sĂ»r que j’Ă©tais prĂŞte ! Tandis que les autres s’endormaient, je suis restĂ©e vigilante. J’ai utilisĂ© les jumelles d’observation des oiseaux pour assurer notre sĂ©curitĂ©. C’est alors que j’ai vu notre monitrice monter dans une barque avec trois autres filles et s’Ă©loigner silencieusement. Ce devait ĂŞtre une rĂ©union très importante.

Plus tĂ´t ce soir-lĂ , nous Ă©tions tous assis autour du feu de camp Ă  faire griller des guimauves, Ă  chanter et Ă  bavarder. J’avais annoncĂ© Ă  tout le monde que je voulais devenir animateur dès que j’aurais l’âge requis. J’adorais apprendre Ă  respecter la nature et transmettre ce respect aux autres.

J’ai mis la main dans ma poche et j’ai senti l’enveloppe que maman y avait glissĂ©e une semaine auparavant. Je l’avais complètement oubliĂ©e. Je l’ai ouverte et j’y ai trouvĂ© cinq cartes. Elles disaient : « Sois courageuse. Respecte les règles. Fais-toi des amis. Prends soin de ta sĹ“ur. Sois ouverte Ă  la dĂ©couverte de ta passion ; elle se trouve peut-ĂŞtre lĂ  oĂą tu t’y attends le moins. Â»

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