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La fin de l’annĂ©e scolaire approchait pour Mme Thomas et sa classe de 6e annĂ©e. L’excitation Ă©tait palpable ! On jasait beaucoup des plans pour l’Ă©tĂ© et de la libertĂ© de faire ce qu’ils voulaient pendant deux mois entiers !
Cependant, sous cet enthousiasme dĂ©bordant, l’enseignante ressentait une certaine anxiĂ©tĂ©. Ces enfants Ă©taient maintenant assez grands pour ĂŞtre conscients de ce qui se passait dans le monde. Et cette annĂ©e, les nouvelles semblaient les toucher de près, ici au Canada. Guerre… Feux de forĂŞt… Colère… Insultes… Tarifs commerciaux avec les États-Unis. « Papa va-t-il perdre son emploi ? »
Mme Thomas a dĂ©cidĂ© de s’Ă©carter de son plan de cours. Elle a plutĂ´t commencĂ© Ă aborder ces sujets prĂ©occupants. Mais au lieu de se concentrer sur les problèmes, elle a incitĂ© ses Ă©lèves Ă rĂ©flĂ©chir aux solutions. « Qu’est-ce qu’on peut tous faire, Ă notre manière, pour amĂ©liorer le monde dans lequel on vit ? Pour protĂ©ger notre pays, notre communautĂ© et nos familles ? » Elle leur a demandĂ© d’agir positivement. Puis, elle leur a suggĂ©rĂ© d’Ă©crire sur leurs dĂ©couvertes et leurs expĂ©riences afin de les partager avec la classe comme premier devoir Ă la rentrĂ©e.
On arrive en septembre. Les enfants ont relevé le défi. Voici leurs récits :
Mon été rempli de tourisme local
Par Chad, 11 ans
Vous vous moquez de moi ? Des devoirs pendant l’Ă©tĂ© ? Quelle horreur ! C’est ce que j’ai pensĂ© en premier. Mais plus j’y pensais, plus j’avais envie de participer.
Depuis toujours, mes parents amènent ma sĹ“ur et moi chaque Ă©tĂ© dans des parcs d’attractions et des centres de villĂ©giature aux États-Unis. On adore Six Flags ! On adore Disneyworld ! Mais cette annĂ©e, j’ai suggĂ©rĂ© un soir Ă mes parents, on pourrait peut-ĂŞtre dĂ©penser notre argent plus près de chez nous. On pourrait faire ce que tout le monde appelle des « vacances Ă la maison ». Le tourisme local.
Maman a trouvĂ© l’idĂ©e excellente. C’est elle qui se soucie toujours de protĂ©ger la planète. C’est aussi elle qui nous a poussĂ©s Ă acheter notre Toyota hybride fabriquĂ©e au Canada. Elle s’imaginait qu’un jour, elle nous emmènerait en vacances en famille.
Papa Ă©tait excitĂ© lui aussi. Il avait dĂ©jĂ trois endroits en tĂŞte qu’il voulait nous faire dĂ©couvrir. On a dit Ă ma sĹ“ur qu’elle pouvait s’dĂ©guiser en Cendrillon pour tout le voyage. Elle Ă©tait tellement excitĂ©e qu’elle n’a pas fermĂ© l’Ĺ“il de la nuit.
Le matin est finalement arrivĂ© et on Ă©tait prĂŞts Ă partir pour notre première aventure. La voiture Ă©tait tellement pleine Ă craquer qu’on aurait dit qu’on partait pour une semaine, et pas juste pour la journĂ©e ! On a chantĂ© et jouĂ© pendant que papa conduisait vers l’est sur l’autoroute 401. Il n’arrĂŞtait pas de nous dire qu’on allait au Big Apple, et on riait aux Ă©clats parce que c’est un autre nom pour New York. Comme c’Ă©tait aux États-Unis, on savait bien qu’on n’y allait pas. Puis il s’est arrĂŞtĂ© Ă la sortie Colborne et a dit : « Regardez lĂ -bas ! »
Quelle surprise ! Devant nous se tenait une grosse pomme rouge.
Papa a commencĂ© Ă nous expliquer que la pomme Ă©tait lĂ depuis une quarantaine d’annĂ©es et qu’elle avait Ă©tĂ© construite pour faire connaĂ®tre au monde entier la qualitĂ© exceptionnelle des pommes de l’Ontario. Mais on n’Ă©coutait pas, on courait dĂ©jĂ Ă l’intĂ©rieur. C’Ă©tait incroyable ! L’endroit Ă©tait rempli de tout ce qu’on pouvait imaginer Ă base de pommes. On voulait tout acheter Ă la boutique de souvenirs. Maman a dit qu’on pouvait chacun acheter UNE chose, et elle, ce serait du cidre de pomme Ă emporter.
Papa Ă©tait dĂ©jĂ dehors et nous appelait de venir le joindre. Il nous avait achetĂ© des billets pour jouer au mini-putt et on s’est bien amusĂ©s. Il a gagnĂ©, c’est sĂ»r. Ensuite, il a dit qu’il voulait partager avec nous la meilleure tarte aux pommes qu’il ait jamais mangĂ©e. Je l’ai cru parce qu’il est très vieux et qu’il a mangĂ© BEAUCOUP de tartes dans sa vie. On Ă©tait tous d’accord pour dire que c’Ă©tait la tarte la plus dĂ©licieuse au monde.
Après le dĂ®ner, on est retournĂ©s en voiture. Papa a suggĂ©rĂ© que Maman conduise et que je m’assoie devant pour l’aider Ă suivre le GPS. Je me sentais très important. Maman m’a fait un clin d’Ĺ“il. Elle savait que Papa ronflerait avant mĂŞme qu’on quitte le parking. Quand il s’est rĂ©veillĂ©, on Ă©tait presque rendus Ă notre deuxième arrĂŞt : la ville de Roseneath.
Papa a surgi – comme s’il n’avait pas dormi depuis une heure – et a dit : « Bienvenue Ă la fĂŞte foraine de Roseneath ! » Ma sĹ“ur et moi Ă©tions sans voix en entrant dans la fĂŞte foraine. Il y avait une grande roue et un tour de fraises. Un marchĂ© fermier proposait toutes sortes de produits alimentaires et artisanaux. Il y avait une exposition de voitures anciennes (adieu papa !) et des tours Ă poney.
Mais on Ă©tait fascinĂ©es par le plus beau carrousel qu’on ait jamais vu. En fait, c’Ă©tait le seul vrai carrousel qu’on avait vu ! Nous avons appris qu’il avait plus de cent ans, mais les quarante chevaux sculptĂ©s et peints Ă la main semblaient neufs et brillants. Nous avons aussi appris que la musique provenait d’un orgue Wurlitzer de 1934, placĂ© juste au milieu. Ça nous a rappelĂ© le manège du film Mary Poppins et je m’imaginais Ă la chasse au renard. Ma sĹ“ur s’est assise sur le plus beau cheval et les gens ont commencĂ© Ă prendre des Ă©goportraits avec elle, la prenant pour la vraie Cendrillon. C’Ă©tait trop drĂ´le !
On avait tellement mangĂ© pendant la journĂ©e qu’on n’avait mĂŞme pas faim pour le dĂ®ner. Maman nous a donnĂ© des carottes et des bâtonnets de cĂ©leri avec du beurre d’arachide – notre goĂ»ter prĂ©fĂ©rĂ©. On a grignotĂ© en route vers notre destination finale. Après un court trajet, papa a dit : « ArrĂŞtons-nous ici pour faire le plein. » Il a suggĂ©rĂ© d’entrer dans la petite Ă©picerie et, surprise ! C’Ă©tait en fait notre dernière Ă©tape. Nous Ă©tions dans la rĂ©serve de la Première Nation d’Alderville !
Les gens du magasin Ă©taient si gentils qu’ils nous ont invitĂ©s Ă assister Ă une cĂ©rĂ©monie traditionnelle autochtone qui allait commencer. Quelle chance incroyable de vivre quelque chose qu’on n’avait vu qu’Ă la tĂ©lĂ© ! La musique Ă©tait envoĂ»tante et les danses semblaient très difficiles. Ma sĹ“ur a adorĂ© la danse, surtout quand un des danseurs lui a pris la main et l’a fait tournoyer. Tout le monde a applaudi et a dit que c’Ă©tait la danse de Cendrillon au bal.
MĂŞme si ça commençait Ă faire noir, on a traĂ®nĂ© un moment au marchĂ© artisanal. J’ai demandĂ© Ă maman si on pouvait chacun acheter quelque chose ici, parce qu’on avait oubliĂ© de retourner Ă la boutique de souvenirs au Big Apple. J’ai eu de la difficultĂ© Ă choisir entre une sculpture d’ours en bois et ces mocassins que je porte en ce moment. Vous vous doutez bien de ce que j’ai finalement choisi !
Une charmante dame qui confectionnait de magnifiques bijoux en perles a choisi un joli châle perlĂ© de la mĂŞme couleur que la robe de ma sĹ“ur. Elle Ă©tait aux anges – on l’Ă©tait tous ! – pendant qu’on remontait en char pour retourner Ă la maison.
On a fait plusieurs autres excursions Ă la journĂ©e et quelques week-ends d’aventure, mais je me souviendrai toujours de cette première journĂ©e comme de ma prĂ©fĂ©rĂ©e.
























