🎧 Venez explorer Ottawa – Une idĂ©e gĂ©niale. Par Joshua, 11 ans

Image d’illustration pour l’histoire : Venez explorer Ottawa – Une idĂ©e gĂ©niale

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Wave lit pour vous : Venez explorer Ottawa – Une idĂ©e gĂ©niale

L’Ă©tĂ© approchait. C’Ă©tait cette pĂ©riode de l’annĂ©e scolaire oĂą les enfants avaient de la difficultĂ© Ă  se concentrer sur leurs leçons. L’excitation Ă©tait palpable ! Dans la classe de 6ième de Mme Thomas, les rires et les jasettes allaient bon train, chacun Ă©voquant les grands projets pour les deux mois de vacances.

MalgrĂ© cet enthousiasme, l’enseignante percevait une certaine anxiĂ©tĂ©. Ces enfants Ă©taient maintenant assez grands pour ĂŞtre conscients de ce qui se passait dans le monde. Cette annĂ©e, il semblait y avoir plus de pessimisme que d’habitude concernant les troubles mondiaux et locaux. La guerre et la pauvretĂ© figuraient en bonne place sur la liste des sujets de prĂ©occupation. Les changements climatiques et l’empreinte carbone Ă©taient devenus des termes courants. Les tarifs douaniers et les guerres commerciales bouleversaient les relations entre pays amis. « Pourquoi les choses ne peuvent-elles pas simplement redevenir normales ? »

Mme Thomas sentait que c’Ă©tait le bon moment pour aider les garçons et les filles Ă  comprendre les rĂ©alitĂ©s qui se cachaient derrière ces pressions. Mais au lieu de se concentrer sur les problèmes, elle essayait d’orienter la rĂ©flexion de ses Ă©lèves vers la recherche de solutions. « Qu’est-ce qu’on peut tous faire, Ă  notre Ă©chelle, pour amĂ©liorer le monde dans lequel on vit ? Pour protĂ©ger notre pays, notre communautĂ© et nos familles ? » Elle leur a demandĂ© de devenir des agents de changement positif. Puis, elle leur a suggĂ©rĂ© de rĂ©diger un compte rendu de leurs dĂ©couvertes et expĂ©riences Ă  partager avec la classe, comme premier devoir de la rentrĂ©e.

Nous voici en septembre. Les enfants ont relevĂ© le dĂ©fi. Voici leurs histoires :

Une idée géniale

Par Joshua, 11 ans

Chaque Ă©tĂ©, depuis toujours, ma famille et moi partons en vacances quatre semaines Ă  Miami, en Floride, dans notre SUV. Personne ne m’a jamais demandĂ© mon avis, et j’y ai jamais pensĂ©.

Ne vous mĂ©prenez pas. J’adore nos voyages. On passe de bons moments. C’est juste que cette annĂ©e, dĂ©penser autant d’essence et d’argent aux États-Unis me semble dĂ©placĂ©. Mme Thomas m’a fait rĂ©flĂ©chir Ă  tout ça.

Voyez-vous, ma famille est particulière. C’est ce que bien des gens appellent une famille recomposĂ©e. Mon beau-père, Pierre, Ă©tait mariĂ©, mais sa femme a eu le cancer et est dĂ©cĂ©dĂ©e avant ma naissance. Ils ont eu deux enfants, Byron et Brianne. Byron est peut-ĂŞtre mon demi-frère, et mĂŞme s’il est en terminale, c’est aussi mon meilleur ami.

Mon autre papa, Papa Joe, m’a adoptĂ© quand j’avais quelques mois. Ma grand-mère l’aidait Ă  s’occuper de moi, jusqu’Ă  ce qu’elle achète une maison en Floride et y dĂ©mĂ©nage. C’est pour ça qu’on y va chaque Ă©tĂ©, pour lui rendre visite. On va aussi voir Brianne, qui vit avec elle et lui tient compagnie pendant ses Ă©tudes Ă  l’UniversitĂ© de Miami.

Je voulais proposer qu’on reste au Canada cette annĂ©e, mais je ne savais pas comment m’y prendre sans froisser personne. Un soir, Ă  table, Papa Joe m’a facilitĂ© la tâche. « HĂ©, mon chum », m’a-t-il dit, et j’ai tout de suite compris que quelque chose clochait. Il m’appelle « mon chum » seulement quand il veut que je me dĂ©tende. J’ai compris ça depuis longtemps.

« Les choses vont peut-ĂŞtre changer cet Ă©tĂ©. J’ai besoin que tu sois ouvert d’esprit et que tu nous aides Ă  prendre une dĂ©cision en famille. » Je me suis senti très important et je me suis promis de rester calme, quoi qu’il arrive. Il m’a rappelĂ© que Nana n’Ă©tait plus aussi jeune qu’avant et qu’elle avait du mal Ă  gĂ©rer la maison, mĂŞme avec l’aide de Brianne. Brie, quant Ă  elle, avait terminĂ© sa dernière annĂ©e d’universitĂ© (elle a dix ans de plus que moi). Elles allaient donc toutes les deux rentrer vivre avec nous.

« J’imagine que ça veut dire qu’on s’en va pas Ă  Miami ? « Exactement, mon chum. » C’Ă©tait parfait ! « Et ce n’est pas tout : Byron a Ă©tĂ© acceptĂ© Ă  l’UniversitĂ© Carleton. Du coup, au lieu de Miami, on peut se rendre en voiture jusqu’Ă  Ottawa pour l’aider Ă  s’installer. Qu’en penses-tu ? »

J’ai dĂ» prendre un moment pour digĂ©rer la nouvelle. Vivre loin de mon meilleur ami ? L’idĂ©e ne me plaisait pas du tout. Mais au lieu de me plaindre comme un bĂ©bĂ©, j’ai choisi de rester mature.

Alors, j’ai d’abord serrĂ© la main de Byron et je lui ai dit que j’Ă©tais contente pour lui, parce qu’il avait toujours rĂŞvĂ© de devenir journaliste. Puis je lui ai dit que ce serait formidable de vivre encore une fois avec Nana. Finalement, j’ai fait ma grande suggestion : et si, au lieu de gaspiller tout cet essence pour se rendre en voiture jusqu’Ă  Ottawa, on prenait le train ?

Tout le monde souriait. Ils Ă©taient tous d’accord pour dire que ce serait une aventure formidable.

Ă€ partir de lĂ , les semaines ont filĂ© Ă  toute vitesse. Très vite, je me suis retrouvĂ© Ă  contempler le plafond du plus bel Ă©difice que j’aie jamais vu : la gare Union de Toronto. C’est lĂ  que notre voyage en train a commencĂ©. J’Ă©tais un peu déçue qu’il y ait un McDonald’s. Ça gâchait un peu l’ambiance. Mais pas assez pour refuser une tarte aux pommes chaude quand on m’en a proposĂ©.

J’avais l’impression d’ĂŞtre dans un film, Ă  entendre le contrĂ´leur crier « En char ! Â», « Attention oĂą vous mettez les pieds !» et « Vos billets, s’il vous plaĂ®t ! Â». Comme nous Ă©tions un groupe de six passagers, nous avons pu nous asseoir Ă  une table pliante, les sièges face Ă  face. C’Ă©tait vraiment gĂ©nial et j’ai tout de suite rĂ©servĂ© le cĂ´tĂ© opposĂ© Ă  la marche arrière. J’ai pu admirer la Tour CN et les gratte-ciel pendant un long moment, et avant mĂŞme de m’en rendre compte, on a aperçu des fermes avec plein de vaches et des Ă©pis de maĂŻs qui semblaient faire près de deux mètres de haut ! Après une trentaine de minutes, j’ai commencĂ© Ă  me sentir bizarre et j’ai dĂ» changer de place. Mais j’ai gardĂ© mon siège cĂ´tĂ© hublot et j’Ă©tais Ă©merveillĂ© de voir Ă  quel point nous Ă©tions près du lac Ontario.

Nous avons longĂ© des forĂŞts luxuriantes, des lacs aux eaux cristallines et de jolies villes comme Port Hope et Kingston. Ma grand-mère nous racontait des anecdotes intĂ©ressantes sur chaque endroit que nous traversions. Elle avait vĂ©cu dans cette rĂ©gion autrefois. Les heures ont filĂ© !

En approchant d’Ottawa, papa nous a montrĂ© le canal Rideau. « Dommage que ce ne soit pas l’hiver », dit-il, « parce que les gens patinent sur cette rivière tous les jours. » Avant mĂŞme qu’on puisse ajouter quoi que ce soit, j’Ă©tais bouche bĂ©e devant l’Ă©difice du Parlement. MĂŞme de loin, il ressemblait plus Ă  un château qu’Ă  un endroit oĂą se prennent les dĂ©cisions importantes pour tout le pays. Puis le train s’est engouffrĂ© dans un tunnel pour se rendre Ă  la gare.

Nous avons passĂ© une semaine entière Ă  explorer les incontournables de la ville. Nous avons vu une exposition de dinosaures absolument gĂ©niale au MusĂ©e canadien de la nature. Ensuite, nous avons visitĂ© le Centre Canadian Tire, oĂą jouent les SĂ©nateurs d’Ottawa au hockey. Mon endroit prĂ©fĂ©rĂ©, c’Ă©tait le marchĂ© Byward, oĂą on a participĂ© Ă  une chasse au trĂ©sor sur une application et on a gagnĂ© un prix ! Suivi d’une gâterie absolument dĂ©licieuse… un beignet en forme de queue de castor Ă  la cannelle. Miam !

Nous avons tous promis de revenir voir Byron en hiver, dès que le canal serait gelĂ©, pour pouvoir patiner et manger encore plus de queues de castor ! J’ai tellement hâte !

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