🎧 Soutenir l’économie canadienne – FabriquĂ© au Canada… vous croyez ? Par Oskar, 12 ans

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Wave lit pour vous : FabriquĂ© au Canada… vous croyez ?

La fin de l’annĂ©e scolaire approchait pour Mme Thomas et sa classe de 6ième. L’excitation Ă©tait palpable ! La classe rĂ©sonnait de discussions animĂ©es sur les projets d’Ă©tĂ©, les fĂŞtes, le sport et les deux mois de vacances tant attendus !

Cependant, malgrĂ© cet enthousiasme dĂ©bordant, l’enseignante percevait une certaine anxiĂ©tĂ©. Ces enfants Ă©taient maintenant assez grands pour ĂŞtre conscients de ce qui se passait dans le monde. Et cette annĂ©e, en particulier, les nouvelles concernant les guerres commerciales et les difficultĂ©s que connaissait le Canada Ă©taient omniprĂ©sentes. On parlait de la hausse du coĂ»t de la vie, des pĂ©nuries possibles de produits de première nĂ©cessitĂ© et du chĂ´mage imminent… Autant de sujets prĂ©occupants.

Face Ă  cette situation, Mme Thomas a dĂ©cidĂ© de changer de programme. Elle choisit d’axer sa leçon sur ces sujets d’actualitĂ©. PlutĂ´t que de se concentrer sur les problèmes, elle a incitĂ© ses Ă©lèves Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  des solutions. « Qu’est-ce qu’on peut tous faire, Ă  notre Ă©chelle, pour amĂ©liorer le monde dans lequel on vit ? Pour protĂ©ger notre pays, notre communautĂ© et nos familles ? » Elle les a encouragĂ©s Ă  devenir des agents de changement positif. Elle leur a alors suggĂ©rĂ© de rĂ©diger un compte rendu de leurs dĂ©couvertes et expĂ©riences Ă  partager avec la classe, comme premier devoir de la rentrĂ©e.

En septembre, les enfants ont relevĂ© le dĂ©fi. Voici leurs histoires :

FabriquĂ© au Canada… vous croyez ?

Par Oskar, 12 ans

Alors, quand ma prof nous a dit qu’on devait faire un exposĂ©, je me suis dit : « Super, je vais relire Journal d’un dĂ©gonflĂ© et faire semblant. » Puis elle a commencĂ© Ă  expliquer qu’on devait Ă©crire sur un sujet important, comme l’économie canadienne. Et moi, j’Ă©tais lĂ  : « Euh, pardon ? J’ai mĂŞme pas de compte en banque ! »

Du coup, j’ai commencĂ© par chercher « guerre commerciale Â» sur Google… et OUAH ! C’est aussi terrible que ça en a l’air. C’est comme un conflit majeur entre pays, sauf qu’au lieu de se battre, on impose des taxes. C’est ce qu’on appelle des droits de douane. En gros, si le Canada vend des bonbons aux États-Unis, les États-Unis peuvent leur imposer une taxe importante pour que ça coĂ»te plus cher. Cela incite les AmĂ©ricains Ă  acheter des bonbons fabriquĂ©s dans leur propre pays. Ils ne sont pas taxĂ©s davantage, donc ils sont moins chers. Et puis le Canada rĂ©agit en disant : « Ah oui ? Ben, pis après ? » et taxe le beurre d’arachide, l’acier ou tout autre produit amĂ©ricain. C’est comme jouer Ă  la balle au prisonnier, mais avec de l’argent.

HonnĂŞtement, au dĂ©but, je m’en foutais un peu. Après tout, j’ai douze ans. Ma plus grande dĂ©cision, c’est de choisir entre acheter des cartes PokĂ©mon ou des Timbits avec mon argent de poche. Mais ensuite, j’ai rĂ©alisĂ© : si les entreprises canadiennes ne s’en tirent pas, les gens perdent leur emploi. Et si les gens perdent leur emploi, ils ne peuvent plus acheter de choses. Et s’ils ne peuvent plus acheter de choses, les magasins ferment. Et si les magasins ferment, je ne peux plus acheter de cartes ni de Timbits. Tout est liĂ©.

Et le plus important, c’est que ça compte vraiment pour les gens ordinaires. Lorsque les prix ne cessent d’augmenter, de nombreuses familles n’ont plus les moyens d’acheter ce dont elles ont besoin.

C’est pourquoi on doit s’assurer d’acheter des produits canadiens autant que possible. C’est une façon de soutenir l’Ă©conomie de notre pays. Chaque famille, comme la mienne, peut faire une diffĂ©rence. Voici comment je vois les choses :

• Si vous achetez des pommes canadiennes, un fermier canadien est rémunéré.

• Cet agriculteur utilise des produits et des fournitures canadiens pour son entreprise.

• L’entreprise paie des impĂ´ts aux gouvernements canadiens. Cet argent sert Ă  fournir des services aux Canadiens.

• L’entreprise embauche des travailleurs. Plus elle fait d’argent, plus elle crĂ©e d’emplois.

• Ces travailleurs achètent des billets de hockey, des pizzas et peut-être même des cartes Pokémon pour leurs enfants.

• Donc, l’argent circule au Canada au lieu de s’envoler vers un autre pays.

Quand les États-Unis imposent des droits de douane sur les produits canadiens, c’est comme s’ils disaient : « On ne veut pas de vos produits. » Et c’est impoli. Le Canada fait des affaires gĂ©niales ! Nous avons littĂ©ralement inventĂ© le basketball, les motoneiges et la pizza hawaĂŻenne (oui, l’ananas sur la pizza est canadien). Les parkas Canada Goose, Lululemon, la poutine. Si on n’appuie pas notre propre Ă©conomie, qui le fera ?

Mais la situation peut se compliquer. Les gens veulent acheter des produits canadiens, alors beaucoup d’entreprises prĂ©tendent les fabriquer. On pourrait croire que « FabriquĂ© au Canada Â» signifie que le produit a Ă©tĂ© entièrement fabriquĂ© ici. Mais non. Il y a diffĂ©rents niveaux. C’est un peu comme les skins de Fortnite : certains sont authentiques, d’autres sont des contrefaçons.

• 100 % canadien

C’est du vrai produit canadien. CultivĂ©, approvisionnĂ© et transformĂ© au Canada. Comme le sirop d’Ă©rable du QuĂ©bec ou les patates de l’ĂŽle-du-Prince-Édouard.

• Fabriqué au Canada avec des ingrédients importés

Ce produit est assemblĂ© ici, avec des ingrĂ©dients provenant d’autres pays. Comme une tablette de chocolat fabriquĂ©e en Ontario avec des fèves de cacao du Ghana. C’est bon, certes, mais pas tout Ă  fait canadien.

• Emballé au Canada

C’est trompeur. Certaines entreprises se contentent d’expĂ©dier les produits ici et de les mettre dans une boĂ®te avec une feuille d’Ă©rable. C’est comme quand je copie les devoirs de mon ami en Ă©crivant mon nom en haut. Techniquement, c’est « fait au Canada Â», mais pas vraiment.

• Trompeur

C’est le pire. C’est quand une entreprise essaie de vous tromper avec un emballage rouge et blanc, des feuilles d’Ă©rable, ou mĂŞme la mention « Canada » dans le nom, alors que le produit est entièrement fabriquĂ© ailleurs.

Après avoir appris tout ça, faire l’Ă©picerie avec ma mère a Ă©tĂ© une expĂ©rience inĂ©dite. Je cherchais la petite feuille d’Ă©rable rouge, symbole de certification canadienne. Et j’ai commencĂ© Ă  lire toutes les Ă©tiquettes. Si c’est marquĂ© « Produit du Canada Â», ça veut dire qu’il est cultivĂ© et fabriquĂ© ici. Si c’est marquĂ© « FabriquĂ© au Canada Ă  partir d’ingrĂ©dients canadiens et importĂ©s Â», ça veut dire que c’est un mĂ©lange.

J’ai mĂŞme utilisĂ© le cellulaire de ma mère pour faire des recherches sur les entreprises dont on n’Ă©tait pas sĂ»rs. Parfois, il faut se pencher sur l’histoire et la politique pour trouver les rĂ©ponses. Comme la guerre du ketchup. Avant, Heinz Ă©tait considĂ©rĂ© comme le ketchup canadien par excellence. Mais vous savez que tout le monde s’est indignĂ© contre Heinz quand ils ont fermĂ© leur usine canadienne ? Puis French’s a pris le relais et nous a redonnĂ© espoir et une bonne raison d’acheter leur ketchup pour accompagner leur moutarde sur nos hot-dogs.

C’Ă©tait vraiment instructif et très amusant. Je me sentais comme un dĂ©tective : « Ah ! Ces cĂ©rĂ©ales me mentent !» C’est comme jouer Ă  Among Us, sauf que l’imposteur est une boĂ®te de biscuits.

Acheter canadien, c’est bien plus que faire ses courses. C’est un engagement qui peut influencer toutes nos dĂ©cisions d’achat : nos vĂŞtements, nos appareils Ă©lectroniques, nos fournitures scolaires, nos voitures, le choix d’un sĂ©jour au Canada plutĂ´t qu’aux États-Unis, le soutien aux commerces et aux restaurants locaux.

HonnĂŞtement, je pense qu’on devrait s’en soucier autant que nos parents. Parce qu’un jour, ce sera nous qui aurons besoin d’un emploi. Et si on n’agit pas maintenant, il n’y aura peut-ĂŞtre plus d’emplois plus tard.

Alors oui, soutenir l’Ă©conomie canadienne, c’est vraiment important. Ce n’est pas juste une question d’argent : c’est une question de personnes, d’emplois et de faire en sorte que le Canada reste un pays formidable.

Aujourd’hui, je ne peux peut-ĂŞtre pas conduire, ni voter, et je ne peux certainement pas me laisser pousser la barbe. Mais je peux inciter ma famille et les familles de mes amis Ă  faire une diffĂ©rence simplement en choisissant ce que j’achète.


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